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A l’occasion d’un entretien croisé avec Roland Goigoux, professeur à l’Université de Clermont-Auvergne, Laurent Cros, Délégué général d’Agir pour l’école, est revenu sur les différentes méthodes d’apprentissage de la lecture.

 

Les déclarations récentes du Ministre de l’Education Nationale en faveur de la méthode syllabique ont relancé un débat qui mérite d’être dépassionné et appréhendé à l’épreuve des faits.

 

Saluant le dédoublement des classes de CP dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcé, Laurent Cros a indiqué notamment que cette réforme permettrait de consacrer davantage d’attention et de temps au décodage et à la fluence, condition sine qua none pour améliorer la compréhension et la maîtrise du vocabulaire chez l’enfant.

 

Compte-tenu de l’expérience de terrain qui est celle d’Agir pour l’Ecole et à l’appui de nombreux travaux scientifiques, Laurent Cros livre deux préconisations : commencer l’étude du code le plus tôt possible et y consacrer le plus de temps possible notamment chez les élèves les plus faibles.

 

Retrouvez l’entretien en intégralité ici

 

Exemple

Un journaliste de la Voix du Nord s’est intéressé au dispositif d’apprentissage de la lecture que nous déployons à Calais et Boulogne-sur-Mer auprès de 650 élèves en REP et REP+.

 

En mêlant méthode structurée et exercices sur tablettes, Agir pour l’école permet à des élèves d’apprendre plus facilement à lire et à comprendre un texte.

 

Tantôt en petit groupe, tantôt en autonomie, les enfants bénéficient d’un suivi individuel de leurs progression.

 

Séverine Machtelinckx, enseignante en CP à l’école Condé de Calais en témoigne : “En dix-sept années de CP, je n’avais jamais atteint ce niveau. Il n’y a plus d’élèves moyens en lecture mais que des bons voire des très bons.”

 

Lire l’article

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Les méthodes d’apprentissage de la lecture d’Agir pour l’école à Calais filmées par le JT de TF1

 

Une classe de CP de l’école Oran-Constantine de Calais (REP+) a reçu la visite d’une équipe du JT de TF1.

 

Le reportage montre une séquence d’apprentissage du code alphabétique qui consiste à “décoder les mots le plus rapidement possible”.

 

L’exercice sera répété plusieurs fois pour automatiser le décodage.

 

L’apprentissage se poursuit avec l’utilisation d’une application installée sur “des tablettes avec des exercices adaptés à son niveau”.

 

La démarche est expliquée dans le reportage par l’enseignante Karine POUILLY : “on va travailler les sons à l’oral (phonologie), pour après décoder de vrais mots (code alphabétique et fluence), et ensuite donner le sens(compréhension écrite)”.

 

La philosophie de l’expérimentation d’Agir pour l’école est résumée par Christophe GOMES (Directeur-adjoint d’Agir pour l’école) : “Agir en prévention, réduire les difficultés, donner plus de temps et plus d’attention à ceux qui en ont le plus besoin, et permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité dans les meilleures conditions”.

 

 

Regarder le reportage de TF1. 

Exemple

The Conversation France se présente comme un média en ligne d’information et d’analyse de l’actualité indépendant, qui publie des articles grand public écrits par les chercheurs et les universitaires.

Un article publié il y a un mois, qui cite Agir pour l’école, a particulièrement attiré notre attention : Education : et si la réforme s’appuyait sur les données de la science ?.

Mais lisez plutôt :

Jean Michel Blanquer n’a pas attendu sa nomination comme ministre de l’Éducation pour défendre l’expérimentation à l’école comme mode de renouvellement de la pédagogie. Proche du mouvement Agir pour l’école dont c’est précisément l’objectif, ancien soutien de l’expérience menée par Céline Alvarez dans une école maternelle de la région parisienne, il est à l’origine du test de la Mallette des parents, cette boîte à outils destinée à aider les enseignants dans leurs échanges avec les parents.

Depuis sa prise de fonction, Jean‑Michel Blanquer reste ferme sur sa position. Les dispositifs actuels seront soumis à des évaluations nationales, promet-il. Les politiques scolaires feront l’objet d’expérimentations, et la recherche en sciences cognitives guidera sa stratégie.

 

 

 

S’appuyer sur les données de la science

La question semble incongrue au premier abord. En réalité, il s’agit d’une problématique centrale dans un débat éducatif où les intérêts politiques et l’idéologie biaisent les échanges entre spécialistes et nuisent à l’information du monde de l’éducation.

Les deux universitaires Alice Latimier et Svetlana Meyer choisissent de donner en exemple les vertus de l’approche evidence-based – que l’on pourrait traduire par “fondée sur les données de la science” – pour l’apprentissage de la lecture.

Prenons le cas de l’apprentissage de la lecture. Les données produites à ce sujet sont de différentes sortes. Certaines relèvent de la science fondamentale, notamment quand elles portent sur les grandes fonctions du raisonnement. Par exemple : l’attention visuelle est un ingrédient de l’apprentissage de la lecture.

D’autres se situent à mi-chemin entre le fondamental et l’appliqué. Pour poursuivre avec l’exemple précédent : tel type d’entraînement améliore l’attention visuelle et les performances en lecture.

D’autres données, encore, sont issues de l’application en conditions réelles. Toujours avec le même exemple : ce jeu d’entraînement de l’attention visuelle utilisé en classe par l’enseignant améliore les performances en lecture.

Enfin, il existe des données sur des initiatives menées à grande échelle. Ce pourrait être : la réforme de l’apprentissage de la lecture qui intègre l’entraînement de l’attention visuelle a eu tel impact sur les performances des élèves français.

 

 

Depuis le début de son action en 2011, Agir pour l’école promeut et met en oeuvre une approche dite “evidence-based” qui place les méthodes scientifiques au coeur de chaque expérimentation que nous menons.

 

 

Exemple

Le prestigieux hebdomadaire britannique lu dans le monde entier, The Economist, a évoqué Agir pour l’Ecole dans un article publié il y a quelques jours.

 

 

Le journal s’est rendu à Calais, à l’école Oran-Constantine, où nous menons notre Projet Lecture depuis plusieurs années, à la suite du journal Les Echos en mai dernier.

 

L’article, intitulé “One kind of education does not fit all“, qu’on pourrait traduire par “Un système éducatif qui ne convient pas à tous” aborde la nécessité d’appréhender les élèves dans leur diversité : il faut individualiser davantage les enseignements, surtout en REP et REP+.
Retrouvez l’article au format pdf : One kind of education does not fit all
Exemple

On parle d’Agir pour l’école dans le journal télévisé de France 2 !

C’est à Calais, à l’école Oran-Constatine, où Agir pour l’école mène son Projet Lecture depuis plusieurs années, qu’une équipe de France 2 a tourné un reportage sur nos méthodes d’apprentissage de la lecture la semaine dernière. Un article du journal les Echos avait présenté il y a quelques semaines notre action dans cet établissement.

Le reportage montre des séances de fluence et de phonologie.

L’application fidèle des outils issus des recherches en psychologie cognitive permet d’améliorer considérablement le niveau des enfants de REP+ : la quasi-totalité des élèves rattrapent la moyenne nationale en fluence.

Retrouvez en vidéo le reportage de France 2 ci-dessous :

http://www.francetvinfo.fr/culture/livres/cerveau-comment-les-neurosciences-aident-elles-a-mieux-apprendre_2383160.htm

Exemple

Le journal Les Echos s’intéresse à nos méthodes d’apprentissage de la lecture à Calais.

Agir pour l’école a reçu la journaliste, spécialiste de l’éducation, Marie-Christine Corbier à l’occasion d’un reportage à l’école élémentaire Oran-Constantine à Calais sur nos méthodes d’apprentissage de lecture.

Notre association mène en effet à Calais le Projet Lecture, initié depuis plusieurs années, et améliore aujourd’hui ses méthodes d’apprentissage de la lecture via des applications numériques.

Retrouvez l’article ci-dessous :

Les Echos_20170704_A l’école d’Emmanuel Macron

 

 

 

 

Exemple

Agir pour l’école à l’Académie ! Christian FORESTIER, ancien Recteur, a donné une conférence pour l’Académie des Sciences Morales et Politiques en février dernier pour présenter sa vision de la lutte contre l’échec scolaire :

« Comment réduire drastiquement le nombre de jeunes français qui sortent de notre système éducatif avec un niveau de formation très insuffisant ? »

 

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Face au constat de « l’ampleur du nombre de jeunes qui quittent notre école avec un niveau de formation très insuffisant », C. Forestier présente un constat objectif de la situation actuelle et de solides pistes de politiques éducatives à mettre en œuvre.

La prise de conscience politique a eu lieu ces dernières années en France, particulièrement grâce aux évaluations internationales (PISA) : l’échec scolaire est une problématique centrale.

Or, quelle est la situation ? Parmi les élèves français, « 20% rencontrent des difficultés plus ou moins importantes : 10 % à 15 % [sont des] lecteurs très médiocres et 5 % […] relèvent de la définition de l’illettrisme ».

 

Outre des propositions concrètes de réformes structurelles, C. Forestier évoque l’action d’Agir pour l’école depuis 2010, prenant appui sur le « Programme Parler » mené entre 2005 et 2008 par Michel Zorman.

L’ancien Recteur souligne « les résultats exceptionnels » d’Agir pour l’école et ses « premiers éléments de bilan portant sur environ 10 000 élèves ».

 

Mieux encore, il témoigne de nos résultats « dans toutes les zones où le programme a été mis en œuvre l’échec lourd a été réduit de moitié ce qui signifie que compte tenu de la typologie de ces zones très défavorisées, le taux d’échec y a été ramené à la moyenne nationale, qu’il a donc contribué à améliorer significativement. Tout ceci bien évidemment validé par la direction compétente du ministère, la DEPP ».

 

Christian Forestier conclut positivement « qu’il est possible de réduire de façon drastique le taux de mauvais lecteurs à la fin du cycle desapprentissages fondamentaux ».

Exemple

L’intervention de Jean Ecalle à la conférence de consensus menée par le Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire sur l’apprentissage de la lecture (CNESCO)

Le Conseil National d’Evaluation du Système Scolaire (CNESCO), après la publication d’un rapport très commenté en septembre 2016, a diffusé une conférence – “Comment soutenir le développement de compétences en lecture ?” – où sont intervenus plusieurs chercheurs et spécialistes. Parmi eux, Jean Ecalle, avec qui Agir pour l’école a travaillé et continue de le faire. 

 

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L’apprentissage de la lecture doit être “fondé sur des preuves”. 

L’intervention lors de la conférence du spécialiste dont s’inspire Agir pour l’école, Jean Ecalle, a particulièrement intéressé notre équipe. Au cœur de l’analyse du chercheur, on retrouve en effet les deux questions centrales selon Agir pour l’école : s’appuyer sur la recherche, mais aussi expérimenter de nouvelles pratiques pour l’apprentissage de la lecture. Extraits.

“A propos des connaissance précoces, comment les développer dès la maternelle ? La recherche a des choses à préciser dans le domaine, notamment la recherche appliquée. La stimulation précoce peut être un élément favorisant une entrée positive dans la lecture.

Nous avons mis un dispositif d’apprentissage en œuvre – 4000 enfants – avec les autorités administratives […], avec Agir pour l’école également. Un dispositif avec un groupe expérimental qui avait des pratiques guidées [et avec qui nous avons] stimulé la connaissance des lettres, à travers une approche phonologique et de compréhension orale, comparé à un groupe contrôle [qui ne bénéficiait pas de ces méthodes].

Nous avons montré que le groupe qui a bénéficié de séances guidées par nos méthodes avait de biens meilleures performances. 1er résultat : les enfants du groupe expérimental ont des compétences nettement supérieures. 2ème résultat : les élèves les plus faibles ont progressé le plus.

La recherche peut participer – et c’est défendu aujourd’hui – [à une politique] d’éducation fondée sur des preuves apportées par la recherche et qui engage des enseignants. Où les enseignants et les autorités administratives sont parties prenantes et partenaires. »

 

Retrouvez la vidéo sur le site du CNESCO et l’intervention de Jean Ecalle à partir de la 36ème minute, et la page du chercheur sur le site de l’Université Lumière Lyon 2.

Exemple

Nous reproduisons ici la tribune publiée le 29 septembre par Arthur Muller, chef d’entreprise et Ariel Weil, économiste, dans l’édition électronique du journal Le Monde, avec l’aimable autorisation de ses auteurs. L’enjeu selon eux ? Investir bien plus en matière d’apprentissage de la lecture

Chaque année, environ 140 000 jeunes quittent le CM2 sans maîtriser la lecture, soit 20 % des 700 000 élèves finissant l’école primaire pour entrer au collège – un taux d’échec scolaire qui se dégrade depuis maintenant plus de trente ans, et qui est l’un des plus élevés parmi les pays développés. Une des sources du chômage de masse de notre pays se trouve ici, dans une économie où l’emploi est si fortement lié aux qualifications. La chronologie rétrospective n’est pas difficile à faire : les jeunes qui risquent le chômage chronique sont ceux qui sortent de l’école sans diplôme ; ils étaient les 150 000 « décrocheurs » annuels à la fin du collège et, sans doute, les mêmes 140 000 élèves ne sachant pas bien lire à la fin du CM2. Cet échec de notre école primaire est, en outre, un amplificateur d’inégalité sociale, car ces élèves sont en majorité issus de familles défavorisées.

C’est une spécificité de notre système éducatif : par rapport à nos voisins, l’école française est celle où le lien entre difficultés sociales et scolaires est le plus fort. Outsiders ultimes de notre pays, ces 140 000 enfants, pauvres pour la plupart, ont perdu avant même d’avoir 11 ans. Cette situation n’a rien d’inéluctable. Les difficultés sociales et d’emploi font l’objet des plus fortes attentions et des plus fortes dépenses à l’âge adulte, quand bien même c’est à ce moment qu’elles sont les plus difficiles à traiter. Or, ces difficultés sont identifiables bien plus tôt, avant même le collège, à l’école primaire, et c’est à ce stade que les politiques publiques sont les plus efficaces.

La « courbe de Heckman »

La célèbre « courbe de Heckman » montre que c’est dans les premières années de l’enfance que les politiques éducatives d’un pays ont le plus d’impact sur la destinée de sa jeunesse. Nous proposons que l’apprentissage de la lecture pour tous soit la priorité éducative du prochain Président de la République, avec l’objectif suivant : en 2022, 90 % des élèves doivent savoir lire à la fin du CE1, contre 80 % aujourd’hui ; le prochain président de la République doit s’engager à tout entreprendre pour diviser l’échec scolaire grave par deux, de 20 % à 10 %, et ainsi sauver 70 000 élèves par an. Cela nous portera au niveau du Canada et nous laissera encore derrière les pays les plus performants.

Afin de permettre un pilotage de cet objectif présidentiel depuis le ministre de l’éducation nationale jusqu’aux professeurs des écoles, il faut mesurer le niveau des élèves. Cela paraîtra surprenant à un observateur extérieur, mais au ministère de l’éducation nationale, on parle très peu des progrès des élèves de primaire. La raison est très simple : au niveau national, personne ne les connaît, personne ne les mesure, personne ne les pilote. Or, on ne fait progresser que ce que l’on mesure. Si le niveau des élèves n’est jamais mesuré, cela signifie que ce n’est la responsabilité de personne de les améliorer. Le ministre de l’éducation ne devrait pas jouer son poste sur la rentrée des classes ou le nombre de grévistes, mais sur l’inversion de la courbe du nombre d’enfants qui ne savent pas lire à la fin du CE1.

Un des bénéfices principaux de l’utilisation des outils numériques à l’école primaire peut être de permettre aux professeurs de bénéficier d’évaluations fines des compétences individuelles des élèves. Il faut également reconnaître que la pédagogie est une science. On en sait aujourd’hui assez sur les mécanismes de l’apprentissage et du cerveau et sur l’évaluation d’impact de politiques éducatives pour définir quelques mesures simples. En premier lieu, les 35 heures qui sauveront la France : c’est le nombre d’heure dont les enfants ont besoin pour être sûrs d’apprendre à lire. Aujourd’hui, en trois ans consacrés à l’apprentissage de la lecture, l’école n’est pas capable d’offrir à chaque élève de France ces 35 heures d’apprentissage engagé.

Il faut impérativement permettre aux professeurs de construire les emplois du temps, les leçons, l’animation des séquences et la répartition des élèves en groupes pour y parvenir. Nous devons également renforcer l’apprentissage des dimensions « non cognitives » (estime de soi, confiance, régulation des émotions, collaboration…) : pour bien apprendre à lire, écrire, compter, celles-ci sont aussi importantes que les dimensions cognitives et doivent faire l’objet de la même attention. Concentrer la formation initiale des professeurs sur les compétences requises en salle de classe, à savoir d’une part les bases des sciences cognitives de l’apprentissage et d’autre part les pratiques de salle de classe enseignées à base de mises en situations, et favoriser la culture de la coopération et du partage d’expérience entre les enseignants sont enfin essentiels à l’atteinte de cet objectif. L’échec scolaire est une menace grave pour la cohésion sociale et la compétitivité de notre pays. Il est urgent d’agir, et une amélioration significative de la performance des élèves ne sera obtenue qu’à la condition d’un engagement politique fort de la part du chef de l’Etat et de son gouvernement, qui devront se tenir responsable des résultats des élèves, et donner aux établissements et aux enseignants les moyens et l’autonomie nécessaires à une action efficace.

Ligne 15 au nom duquel les auteurs de cet article signent cette tribune est un club de réflexion fondé au lendemain de l’élection présidentielle par de jeunes professionnels issus à parité du secteur public et du secteur privé.

Retrouvez cette tribune sur le site du journal Le Monde.

Exemple

La journée du refus de l’échec scolaire est l’occasion pour Agir pour l’école de rappeler 3 faits. L’apprentissage de la lecture est la clé pour la réussite scolaire de tous les enfants.

 

Premier fait : l’échec scolaire massif perdure.

En 2016, 828 000 enfants sont entrés en CP. Dans 5 ans, à la sortie de l’école primaire, 1 élève sur 5 sera incapable de lire correctement. Dans 10 ans, 1 élève sur 5 sera sorti du système scolaire sans diplôme (entre 110 000 et 165 000 jeunes chaque année). Les statistiques sont brutales. L’Education Nationale condamne deux Stades de France par an à l’échec scolaire et, in fine, au chômage et au déclassement. La ministre de l’Education Nationale le rappelait il y a un an, jour pour jour : la lutte contre l’échec scolaire est une urgence et une priorité.

 

Deuxième fait : l’apprentissage de la lecture est le pilier de la réussite scolaire, dès le plus jeune âge.

L’apprentissage de la lecture est au fondement même d’un parcours scolaire permettant de devenir un citoyen à part entière et de faire son chemin dans le monde du travail. Apprendre à lire, c’est apprendre à réussir. Combattre l’échec scolaire, c’est d’abord s’assurer de la maîtrise de la langue par tous les élèves à travers l’apprentissage de la lecture.

 

Troisième fait : la méthode d’apprentissage de la lecture d’Agir pour l’école fonctionne.

La méthode d’apprentissage de la lecture d’Agir pour l’école est une arme de destruction massive de l’échec scolaire. Son efficacité a été démontrée dans de très nombreuses classes depuis 2011, et son contenu validé scientifiquement. Nous avons accompagné 300 classes et permis de former 6000 élèves en 2015-2016. A la fin de l’année, entre 95 et 100% des effectifs savaient lire.

 

Refusons l’échec scolaire. Expérimentons pour la réussite scolaire de tous. Agissons pour l’école.

Exemple

L’apprentissage de la lecture : une priorité éducative pour France Stratégie

France Stratégie engage une réflexion globale et poussée sur les priorités éducatives. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre du projet « 17/27 » visant à analyser les enjeux de la décennie qui suivra la prochaine élection présidentielle. Parmi les priorités formulées par France Stratégie : l’apprentissage de la lecture.

Afin d’illustrer l’analyse, l’émission régulière de France Stratégie, Grand Angle, revient sur plusieurs éxpérimentations menées en faveur de la réussite scolaire dont celle en faveur de l’apprentissage du code informatique par la Fondation La Main à la pâte et celle en faveur de l’apprentissage de la lecture d’Agir pour l’école.

 

Un documentaire sur notre méthode d’apprentissage de la lecture

Retour en images (à partir de 2’45 et jusqu’à 4’30 de la vidéo) dans une classe de CP à Corbeil-Essonnes. Cette vidéo détaille la méthodologie d’apprentissage de la lecture que nous mettons en place avec l’enseignant. Elle témoigne de l’intérêt pour les enseignants d’une telle méthode et présente les outils (tablettes, casques audio et applications) à disposition des enfants.

 

Pour en savoir plus et découvrir les travaux de France Stratégie à propos de questions éducatives, cliquez ici.

Exemple

Des journalistes de TF1 sont allés à la rencontre des enseignants et des élèves qui utilisent la méthodologie d’apprentissage de la lecture d’Agir pour l’école, à Calais.

Reportage vidéo dans les classes de maternelle et de CP avec des enfants heureux qui apprennent à lire avec succès et des enseignants satisfaits de leur méthode.

 

Exemple

Notre méthode d’apprentissage de la lecture fonctionne ! Et très bien ! Retrouvez ci-dessous l’article de Soazic Le Nevé pour l’AEF et l’avantage des pédagogies structurées.

 

Pour “réduire les inégalités scolaires, améliorer les apprentissages et adapter l’éducation aux besoins spécifiques de chaque élève”, les stratégies pédagogiques ne sont pas nécessairement les plus couteuses : elles représenteraient une augmentation substantielle mais néanmoins raisonnable de 3% du coût total d’une année en primaire”, affirme l’Institut des politiques publiques (IPP) dans une note datée d’octobre 2015 consacrée au projet LECTURE de l’association Agir pour l’école. Ce programme qui coûte 200€ par élève de grade section de maternelle “augmente les compétences de 15,3% d’un écart type”. Il revient à dépenser 13€ pour augmenter les performances des élèves d’un point de pourcentage d’écart-type alors qu’il faudrait consacrer entre 36 et 48€ en diminuant la taille des classes, levier généralement utilisé pour réduire l’échec scolaire.

 

Miser sur l’enseignement phonologique

L’objectif du programme LECTURE développé par l’association Agir pour l’école et la Dgesco en 2011 est d’augmenter considérablement le volume d’enseignement phonologique dès le second semestre de la grande section de maternelle et de préparer au mieux les élèves à la lecture au CP.

Il a pour ambition de modifier les pratiques : après une formation générale, les enseignants reçoivent régulièrement la visite de spécialistes de la méthode, mesurent régulièrement les progrès de leurs élèves au moyen de tests standardisés et utilisent les outils pédagogiques (livres, test) développés par l’association tout au long de l’année. 

Les  élèves  bénéficiaires  du  projet  LECTURE  “progressent beaucoup”  et  “les  inégalités  de  ussite se voient réduites, pour un rapport coût-bénéfice bien inférieur à celui d’autres politiques éducatives  (par  exemple réduction  de  la  taille  des  classes)”,  affirme  l’Institut  des  politiques publiques   (IPP)   dans   une note datée  d’octobre 2015   consacrée   au   projet   LECTURE   de   l’association Agir pour l’école. Cette étude souligne l’importance de la pédagogie des enseignants sur les progressions des élèves et indique qu’une formation intensive et structurée est en mesure de modifier efficacement leurs pratiques.

“Grâce à la constitution de petits groupes de niveau au début de l’année, les enseignants  ayant bénéficié de la formation semblent avoir mieux ajusté le contenu des apprentissages aux compétences spécifiques des élèves par rapport aux autres enseignants”, décrit l’étude.

2 à 3 fois moins cher que de diminuer la taille des classes

Le  programme  LECTURE,  qui  coûte  200 euros  par  élève et  augmente  les  compétences  de 15,3 %  d’un écart-type,  revient  à  dépenser  13 euros  pour  augmenter les  performances  des  élèves  d’un  point  de  pourcentage  d’écart-type”,  étaye  l’étude.  “Selon  le  même  raisonnement,  il faudrait consacrer entre 36 et 48 euros, soit deux à trois fois plus, par élève pour obtenir 1 point de pourcentage de progression, en diminuant la taille des classes.”

De  plus,  “cette  estimation  du  rapport  coût-bénéfice ne  tient  pas  compte  de  l’effet  de  long  terme des  changements  de  pratiques  sur  les  cohortes  d’élèves  que  les  enseignants  formés  par  le programme  auront  peut-être  plus  tard  en  classe”  et  “si  les  enseignants  sont  en  capacité  de reproduire  durablement  les  bonnes  pratiques  acquises  dans le  cadre  de  la  formation  ponctuelle qu’ils  ont  reçue,  alors  le  coût-bénéfice  d’une  telle  formation  initiale  ou  continue  est  sans commune  mesure  avec  celle  de  politiques  d’offre  éducative  qui  ne  prennent  pas  en  compte  le contenu de l’enseignement”.

Quel effet à long terme ?

Cependant,  les  données  de  l’IPP “ne  permettent  pas  de  conclure  sur  l’effet  du  programme  à moyen terme (fin du CP) et  à plus long terme (maîtrise de la lecture à l’entrée en 6e)”. En effet, “la  difficulté  d’effectuer  des  suivis  longitudinaux  des  élèves  de  primaire en  France  est  très  préjudiciable  à  ce  type  de  recherche”,  explique  l’institut  qui  “souligne  que  le  programme  analysé dans cette note nécessite une participation active des équipes pédagogiques, une observation au plus  près  des  pratiques  des  professeurs  et  une  mobilisation importante  des  acteurs  locaux  Dasen, IEN, conseillers pédagogiques et enseignants”, conditions “parfois difficiles à réunir”.

De  plus,  l’IPP note  une  “absence  d’impact  significatif  du  programme  sur  les  compétences  en compréhension  et  en  vocabulaire”,  estimant  ce  constat  “logique,  dans  la  mesure    ces  compétences ne sont pas spécifiquement abordées par le projet LECTURE”.

Exemple

L’émission Rue des Ecoles sur France Culture revient sur l’évaluation de notre dispositif par l’Institut des Politiques Publiques lors de son émission du 1er novembre 2015, disponible en podcast ici :

http://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/peut-enseigner-leconomie-sans-dogmatisme-les-sciences-economiques-et

 


 

Vous pouvez lire ci-dessous la transcription des interventions des deux journalistes à propos de nos expérimentations en matière d’apprentissage de la lecture :

 

Marie-Caroline Missir :

« Une Recherche passionnante de l’Institut des Politiques Publiques sur le dispositif de lecture mis en place par l’association Agir pour l’Ecole, proche de l’Institut Montaigne, propose d’augmenter le volume de développement phonologique dès la grande section de maternelle et d’ajuster le contenu de l’enseignement de chaque enseignant aux progrès des élèves. Ce programme vise ainsi à modifier en profondeur les pratiques d’apprentissage de la lecture.

Après une formation générale, les enseignants recevront régulièrement les visites de spécialistes de la méthode et pourront mesurer les progrès des enfants avec des tests standardisés et en utilisant des outils pédagogiques.

Résultat : ça marche !  En grande section de maternelle, les élèves progressent plus vite en lecture et les inégalités de réussite sont réduites, pour un coût beaucoup moins élevé que celui d’autres politiques éducatives.

Le programme coute 200€ par élève et augmente les compétences de 15,3% d’écart type. Cela revient à dépenser 13€ pour augmenter les performances des élèves en lecture. Alors je vous le demande, qu’attendons-nous pour s’inspirer de ce type de recherche ? »

 

Louise Tourret :

« Il va désormais falloir convaincre les enseignants de remettre en cause leurs pratiques pédagogiques et de se voir évalués régulièrement »

Exemple

Nous partageons ici l’intéressante tribune du professeur Michel Godet, membre de l’Académie des Technologies, initialement publiée ici. Notre méthode d’apprentissage de la lecture fonctionne et représenterait un coût minimal pour l’Education Nationale. 

 

“L’échec scolaire massif fait partie des exceptions françaises dont notre pays se passerait bien. D’autant que les 140 000 jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme sont aussi ceux qui ont le moins de chances de trouver un emploi et de s’insérer dans la société par le travail. Rappelons que le taux de chômage des jeunes sans diplôme est aujourd’hui de l’ordre de 50 %.

 

En cause, l’acquisition des savoirs de base dès les petites classes. En effet, on constate que  ces « décrocheurs » font partie des 22 % d’une classe d’âge  entrés en 6ème sans savoir lire, écrire et compter correctement. Et, tandis que nos dépenses d’éducation sont parmi les plus élevées et ne cessent de croître, la France n’en finit pas de dégringoler dans les classements éducatifs  internationaux du type PISA.

Nous savons aujourd’hui que cette situation n’est pas une fatalité, qu’une action forte et volontaire des pouvoirs publics pourrait inverser cette tendance, à condition de s’attaquer aux racines du problème dès le CP.

Il s’agirait d’abord de changer la méthode d’apprentissage de la lecture. C’est ce qu’a montré, depuis quelques années et  dans des conditions d’expérimentation scientifique  validées par les chercheurs, auprès d’environ 3 000 jeunes, l’association Agir pour l’Ecole soutenue par l’institut Montaigne. Il s’agit d’abandonner les méthodes globale ou syllabique et d’opter pour la méthode dite de  « consonance phonique » où des sons sont identifiés à partir de jeux de lettres. Les résultats sont spectaculaires et le nombre d’enfants qui décrochent dès le CP recule drastiquement. Mieux, le poids des origines sociales, déterminant souvent mis en avant pour justifier les difficultés scolaires, s’efface en grande partie.

 

Le coût supplémentaire du dispositif y compris son évaluation n’est que 100 € par enfant sur les 6 000 € annuels que coûte un enfant dans primaire.

 

Les résultats de ces expérimentations sont connus, à droite comme à gauche. Mais la généralisation de cette méthode bute encore sur un obstacle : celui de la liberté pédagogique des enseignants.

 

Le Ministère de l’Education  suit les expérimentations de près, comme le précédent gouvernement. Il a fait le choix de les étendre pour qu’elles concernent bientôt 10 000 enfants. Il faudra donc attendre 2017 pour avoir le courage d’une réforme qui aurait dû s’imposer depuis longtemps.”

Exemple

Retrouvez ci-dessous un article du journal local L’Eveil de la Haute Loire, qui retrace les expérimentations en matière d’apprentissage de la lecture réalisées dans la région par l’association et détaille les réussites des enseignants outillés et formés au programme LECTURE.

Pour lire l’article en pdf, cliquez sur l’image.

 

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Exemple

Retrouvez ci-dessous l’article du magazine Capital autour de la nécessaire priorité à donner à l’école primaire. Les analyses de l’association sont citées en exemple. L’intégralité de l’article est disponible en pdf en cliquant sur l’image.

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Les propositions listées par l’article :

1- Augmenter le taux d’encadrement en maternelle et élémentaire

2- Développer la scolarisation avant 3 ans dans les quartiers défavorisés

3- Limiter l’évaluation des élèves

4- Renforcer les horaires de français

5- Systématiser le travail en petits groupes

6- Assouplir les rythmes scolaires

7- Limiter les redoublements en instituant des «cycles»

8- Préparer la lecture dès le plus jeune âge

Coût de la mesure : moyen

Le constat : 25% des élèves de CM2 ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture.

Pour réduire le retard dans l’apprentissage de la lecture, Laurent Cros en est convaincu : « Il faut travailler sur les sons et les syllabes dès la maternelle. » Créée en 2011, l’association Agir pour l’école travaille avec des professeurs de maternelle et de CP des quartiers défavorisés pour les aider à préparer les premiers apprentissages de la langue (en quatre ans, elle est intervenue dans 600 classes).

Le résultat ? D’après un rapport d’évaluation du ministère, on constate une nette amélioration de la lecture chez les élèves (+ 48%).

9- Muscler l’apprentissage de l’anglais

10- Renforcer l’instruction civique et morale

11- Recruter des éducateurs dans les établissements

12- Rendre à la formation continue obligatoire

13- Apprendre la pédagogie aux futurs professeurs

14- Former les profs aux nouvelles technologies

 

Retrouvez l’article sur le site du magazine Capital.

Exemple

Cet article est issu de La Croix et a été rédigé par Denis Peiron. L’intégralité de l’article est disponible ci-dessous. L’enjeu : il y a des méthodes des méthodes d’apprentissage de la lecture qui… marchent !

De récentes études plaident pour un apprentissage précoce, répété et soutenu des correspondances entre lettres et sons. Sans pour autant négliger les activités de compréhension des textes, l’un des points faibles des élèves français.

Comment a évolué le niveau des élèves français ?

Si l’on regarde de loin les comparaisons internationales, pas de quoi s’inquiéter outre mesure. L’enquête Pisa, réalisée dans l’OCDE auprès de jeunes de 15 ans, montre entre 2000 et 2012 une stabilité du score moyen de la France en compréhension de l’écrit. Un score d’ailleurs plus élevé que la moyenne des pays étudiés.

La dernière édition d’une autre enquête internationale, Pirls, menée en 2011, semble confirmer ce statu quo, cette fois chez les élèves de CM1, puisqu’elle fait apparaître des résultats globaux quasi inchangés, supérieurs à la moyenne de la zone mais inférieurs à celle des autres pays européens.

À les examiner de plus près, cependant, ces études livrent des informations plus préoccupantes sur notre système scolaire. Selon Pisa, la part des élèves les plus faibles en lecture ne cesse de croître. Des élèves en difficulté surreprésentés dans notre pays, nous dit encore Pirls. « Les performances des enfants sont de plus en plus étroitement corrélées à la catégorie socioprofessionnelle des parents, à leur niveau de diplôme, au nombre de livres présents à la maison », abonde Catherine Moisan, à la tête de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp).

S’agissant des différentes compétences, on observe, à la lumière de l’étude Pirls, une baisse significative des performances en compréhension des textes informatifs, de même que sur les tâches les plus complexes, notamment l’interprétation. Par ailleurs, relève la Depp, « les élèves français sont toujours les plus nombreux à s’abstenir de répondre lorsque les réponses doivent être rédigées. Ils sont aussi les plus nombreux à ne pas terminer les épreuves. »

Une étude conduite à l’entrée du CP, en 1997 puis 2011, avait certes apporté un souffle d’optimisme en montrant une progression très significative en matière de prélecture et d’écriture, des activités qui mobilisaient le « code », c’est-à-dire les correspondances entre lettres/groupes de lettres (graphèmes) et sons (phonèmes). Mais en dépit de ces progrès, la même génération d’élèves, arrivée en CE2, n’était pas meilleure que quatorze ans auparavant en compréhension de lecture.

Certaines méthodes de lecture sont-elles plus efficaces que d’autres ?

Si certains tentent d’entretenir un débat entre « syllabique » et « global », les chercheurs ont tranché. Une conférence de consensus organisée sur l’apprentissage de la lecture, en 2003, a conclu que différentes méthodes pouvaient être « compatibles » avec les acquis de la recherche : on peut partir du codage et de la reconnaissance des mots pour aboutir à la compréhension ou bien, depuis le texte et le sens, descendre « jusqu’aux éléments constitutifs de la correspondance grapho-phonologique ». On peut aussi mélanger ces approches.

« La seule méthode qu’on doive écarter est la méthode dite ‘‘idéo-visuelle’’ », mettait en garde le jury. Également appelée « globale », elle consiste à « photographier » les mots, à les reconnaître grâce à leur forme. Son défaut : elle refuse un « nécessaire » travail systématique sur la correspondance entre phonèmes et graphèmes. Un travail dont Stanislas Dehaene, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France a, depuis, montré lui aussi l’impérieuse nécessité.

De récentes études sont venues compléter ces enseignements. Plusieurs conditions sont nécessaires à un apprentissage efficace de la lecture, avance ainsi Sandrine Garcia, qui a cosigné avec Anne-Claudine Oller l’ouvrage Réapprendre à lire (1), fruit d’une longue expérimentation menée dans plusieurs établissements.

« L’enseignement doit être explicite. Il faut donner à lire à l’enfant seulement ce qu’il est en mesure de lire en fonction des correspondances graphèmes-phonèmes déjà étudiées et ne pas lui demander, à l’inverse, de ‘‘deviner’’ des mots en fonction du contexte. On doit aussi s’entraîner à déchiffrer, encore et toujours, y compris en CE1. Et il faut, surtout avant les vacances, adresser des consignes claires aux parents, leur demander de faire lire l’enfant à voix haute, à la maison. »

Une autre enquête d’envergure qui sera dévoilée le 25 septembre à Lyon, lors d’un colloque de l’Institut français d’éducation, confirme la nécessité d’enseigner le « code » de manière explicite et précoce et ce, à un rythme soutenu – un tempo trop lent défavorisant, paradoxalement, les élèves qui partent avec le niveau le plus faible. 

Menée en 2013-2014 dans 131 classes de CP par une équipe de 60 chercheurs coordonnée par Roland Goigoux, cette étude invite cependant à ne pas délaisser la compréhension, qui suppose notamment une maîtrise de la syntaxe et du lexique. De nombreux élèves ont en effet du mal à comprendre un texte adapté à leur âge, qu’on leur demande de le lire… ou qu’on le leur lise. Tout est aussi une question de temps, insiste un autre chercheur, Bruno Suchaut.

« Les élèves les plus faibles doivent être sollicités individuellement au moins une trentaine d’heures pour pouvoir enfin lire. Or en un siècle, le temps scolaire est passé de 1 300 heures à 850 heures par an en primaire, tandis qu’on a multiplié les intervenants et les disciplines à étudier. »

Enfin le numérique, qui permet un entraînement individuel au sein de la classe en complément du cours, peut parfois aider les élèves à maîtriser les correspondances entre lettres et sons, comme le montre une expérimentation menée actuellement par l’association Agir pour l’école dans des établissements de l’éducation prioritaire.

Les professeurs tiennent-ils compte de ces enseignements ?

Chaque enseignant est libre de choisir sa méthode et son manuel. « On observe une diversité d’approches qui combinent apprentissage systématique du code et activités de compréhension, suivant un dosage qui dépend de la personnalité du professeur, des besoins des élèves, du moment de l’année, assure Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. En maternelle, on commence souvent par identifier les mots (les jours de la semaine par exemple) grâce à leur forme, avant de montrer que le ‘‘i’’ de lundi apparaît et s’entend aussi dans mardi et de travailler sur la composition des syllabes, sur leur nombre. »

Si les polémiques ont faibli, le débat reste malgré tout pollué par des enjeux idéologiques, regrette Bruno Suchaut. À mettre l’accent sur le code – autrement dit sur une approche « syllabique », nécessairement répétitive – et à guider étroitement l’élève pour qu’il acquière des automatismes, on a tôt fait d’être taxé de « conservatisme », dit-il.

« Trop longtemps, on a dit aux futurs professeurs qu’ils devaient amener les élèves à découvrir, voire à construire eux-mêmes les savoirs. » Sans doute faudrait-il aujourd’hui « fournir un effort de formation initiale et continue pour diffuser les bonnes pratiques ».

Ce qui est sûr, déplore Sandrine Garcia, c’est qu’en cas d’échec, plutôt que de remettre en cause leurs pratiques, beaucoup d’enseignants ont tendance à « médicaliser » la difficulté scolaire. L’enfant qui, faute d’entraînement, a du mal à lire est souvent catalogué « dyslexique » et orienté vers des orthophonistes. Quand on ne met pas cet échec sur le compte de troubles psychologiques ou de problèmes familiaux.

 

Retrouvez l’article sur le site du journal La Croix.

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Ce que prévoient les nouveaux programmes

De nouveaux programmes entreront en vigueur en septembre 2016, du CP à la 3e. Ils sont basés sur une logique de cycles triennaux.

Pour le cycle 2 (CP-CE2), celui des apprentissages fondamentaux, les compétences attendues en français au bout des trois ans portent à la fois sur le langage oral, la lecture et la compréhension de l’écrit ainsi que l’étude de la langue (grammaire, orthographe, lexique).

En lecture et compréhension de l’écrit, les « attendus de fin de cycle » sont les suivants : « identifier des mots rapidement : décoder aisément des mots inconnus réguliers, reconnaître des mots fréquents et des mots irréguliers mémorisés », « lire et comprendre des textes adaptés à la maturité et à la culture scolaire d’élèves de 9 ans », « lire à voix haute avec fluidité, après préparation, un texte d’une demi-page ; participer à une lecture dialoguée après préparation ».

(1) Ed. du Seuil, 2015.

 

Exemple

Dans le cadre de l’émission Les Enragés d’Adile Farquane sur Le Mouv’, Christophe Gomes détaille les projets en cours et à venir de l’association Agir pour l’école en matière d’apprentissage de la lecture.

 

L’interview est disponible pour réécoute ici :
http://www.mouv.fr/diffusion-agir-pour-l-ecole-contre-les-echecs-et-les-inegalites-scolaires