La recherche

 

Agir pour rapprocher la recherche et la salle de classe

 

Un professeur des écoles sur trois déclare ressentir, confronté à la difficulté scolaire, une impression « d’impuissance, d’isolement ou de fatalisme ». Or le monde de la recherche offre des préconisations constantes et consensuelles quant aux moyens d’enseigner les savoirs de base à tous les élèves d’une classe.

Agir pour l’école capitalise les enseignements de la recherche, notamment expérimentale, pour la mettre à disposition des enseignants et leur fournir ainsi des moyens d’identifier les situations de difficulté scolaire, des clés d’organisation de la classe, des ressources pédagogiques, des formations synthétisant les apports de la recherche, un suivi de l’évolution des pratiques.

 

L’« effet-maître » qui s’explique en grande partie par les choix réalisés par l’enseignant en matière de pédagogie et par son comportement en classe est identifié comme le facteur dominant du niveau des élèves : plus de 20% de la progression d’un élève sur une année sont liés à son enseignant.

 

Agir pour une intervention ciblée et précoce

 

Les enfants qui rencontrent certaines difficultés au début de l’apprentissage de la lecture rattrapent rarement leur retard.

C’est pourquoi la meilleure manière de lutter contre l’illettrisme est d’identifier le plus tôt possible ces premières difficultés et de prévenir leur accumulation (cf. notamment Joseph K. Torgesen, Catch them before they fall, 1998).

Notre capacité à identifier les enfants qui ont, dès la maternelle, besoin d’une attention particulière pour avoir une chance d’apprendre à lire, repose sur l’usage de tests d’évaluation de la conscience phonologique.

 

Comment préparer efficacement les élèves de maternelle à l’apprentissage de la lecture ?

 

  1. L’enseignement doit être structuré, systématique et explicite.

  2. L’intensité d’entraînement doit être la plus élevée possible.

  3. L’enseignement doit être adapté au niveau de chacun, et renforcé pour ceux qui en ont le plus besoin.

 

Comment favoriser l’identification des élèves qui ont besoin de soutien ?

 

  1. Intervenir auprès du plus grand nombre possible d’enfants pour éviter d’en laisser certains hors de l’entraînement renforcé alors qu’ils en auraient besoin.

  2. Enseigner les prérequis de la lecture dès la maternelle, afin que l’identification ait lieu efficacement au début du CP.

  3. Mesurer les acquis de l’élève dans deux compétences qui permettent de prédire précisément son niveau de lecture (la connaissance des noms ou des sons des lettres, et la conscience phonémique).

 

Ainsi, Joseph Torgesen a mis en place sur une période de 5 ans un projet de changement global de l’organisation et des enseignements d’une école, dans le but d’améliorer le niveau de lecture des enfants, dans une école élémentaire de Floride fréquentée par des élèves de milieu modeste. La proportion d’élèves en grande difficulté a été divisée par 8.

Il existe un certain consensus dans la recherche sur le fait que la conscience phonologique est une compétence indispensable à l’apprentissage de la lecture.

L’entrainement phonologique explicite avant l’entrée à l’école élémentaire a un effet très positif sur le niveau de lecture, et cet effet repose principalement sur le travail des phonèmes (cf. notamment, I. Lundberg, J. Frost, O-P. Petersen, Effects of an extensive training program for stimulating phonological awareness in preschool children, 1988).

 

Agir pour un système scolaire efficace, réducteur d’inégalités

 

L’environnement des enfants au cours de la petite enfance est décisif et pour James J. Heckman, prix nobel d’économie, la meilleure façon de réduire les inégalités scolaires est d’intervenir lors de la petite enfance (cf. Heckman, James J., Skill Formation and the Economics of Investing in Disadvantaged Children, 2006).

 

 

Le projet américain Perry Preschool (conduit de 1962 à 2005), a prouvé qu’un programme d’intervention sur de très jeunes enfants issus de milieu socio-économiques défavorisés pouvait influencer leur vie durablement.

 

 

Enfin, un certain consensus règne dans le monde de la recherche en sciences de l’éducation et en psychologie cognitive : il est possible de porter à 5% la proportion d’élèves en échec scolaire, contre 15 à 20% aujourd’hui en France.